citations contraires #1

“On ne va jamais si loin que lorsqu’on ne sait pas où on va” (C. Colomb)

mais… “Il n’y a pas de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va” (Sénèque)

faut-il vraiment se fixer un objectif pour avancer ?

Les citations censées nous inspirer fleurissent sur Facebook, Pinterest ou ailleurs, et c’est amusant de voir qu’elles se contredisent parfois. J’ai donc commencé à m’intéresser à ces contradictions, et à voir en quoi elles pouvaient nous éclairer. Le premier couple de citations contradictoires que j’ai identifié concerne le fait de savoir où on veut aller, ou pas, avant de commencer un voyage.

Christophe Colomb, en 1492, débarqua dans ce qui allait devenir l’île de San Salvador, dans les Caraïbes. Il croyait avoir ouvert une nouvelle route vers les Indes orientales, et avait en fait mis le pied un nouveau continent. Cette découverte allait faire la fortune de l’Espagne, bien plus que s’il avait découvert une route plus rapide pour gagner les Indes, ce qui était son objectif initial. Mais ne triche-t-il pas un peu quand il fait allusion au fait de ne pas savoir où aller ? En fait il savait où il voulait arriver, il a juste accosté autre part, dans un endroit finalement bien plus intéressant que celui qu’il visait.

Cela porte un nom : la sérendipité, ou « fait de réaliser une découverte scientifique ou une invention technique de façon inattendue à la suite d’un concours de circonstances fortuites et très souvent dans le cadre d’une recherche concernant un autre sujet » (merci Wikipedia). Nous avons tous vécu ce phénomène au nom compliqué, même dans notre vie quotidienne : c’est la recette de cuisine ratée qui donne en fait un délicieux résultat, c’est le musée qu’on voulait visiter qui est fermé et nous conduit à visiter un autre site moins connu mais finalement passionnant, etc.

En coaching je suis souvent amenée à expliquer ce qu’est la sérendipité, car ce mot peut être compris comme illustrant la nécessité de se mettre en mouvement. C’est un jeune qui commence à chercher des idées sur un métier et finit, au gré des liens entre les sites Internet sur lesquels il fait ses recherches, par trouver un tout autre métier qu’il ne connaissait pas et trouve super intéressant. C’en est un autre qui commence à se poser des questions sur son cours d’Histoire, juste pour préparer le prochain devoir, et finit par lire plusieurs pages de sites web sur le sujet sans voir le temps passer ! C’est là qu’ils rencontrent le « vent favorable » cité par Sénèque, qui les conduit vers une idée d’orientation motivante, ou une très bonne note à leur contrôle d’Histoire !

Ce qui compte finalement, c’est de commencer, de se donner un premier objectif… avant de faire confiance au vent et se donner ainsi la chance de faire de belles découvertes.

Bien choisir ses bonnes résolutions … pour les tenir !

tenir bonnes resolutions 2018
Et vous, quelles sont vos bonnes résolutions pour 2018 ? Entre celles qu’on tient deux semaines et celles qu’on veut vraiment tenir, voici quelques pistes pour vous lancer !

1. Déterminer ce que vous voulez vraiment, vous

Difficile parfois de faire la distinction entre ce qu’on veut vraiment au fond de soi et ce qui nous est plus ou moins insidieusement suggéré par notre entourage. Par exemple, votre famille ou vos amis admirent peut-être votre situation professionnelle (un CDI, bien payé…) alors que vous avez, vous, l’impression que les minutes durent des heures ou que ce que vous faites est vide de sens. Une bonne résolution pourrait alors être de vous donner du temps pour réfléchir à ce que vous pourriez faire d’autre, ou même simplement ce qui pourrait vous redonner de la motivation pour votre poste actuel…. sans vous occuper de ce que pensent vos amis qui vous conseillent de plus profiter de votre temps libre pour faire ce que vous aimez et oublier votre travail.

2. Choisir une résolution positive

Le contre-exemple typique : perdre du poids. Voilà un objectif déprimant, qui fait surtout penser aux privations qu’on va devoir s’imposer ! Et dans quel but finalement ? Décider de se faire plaisir et de se sentir mieux dans sa peau est autrement plus motivant. Illustration : laquelle de ces deux propositions vous donne le sourire :
– « cette année je ne vais plus manger de crème Danette au chocolat pour le dessert»
– « cette année je vais acheter plus souvent mes fruits préférés pour les manger comme dessert, à la place d’une crème industrielle»
La deuxième sera plus facile à tenir car elle a le mérite de vous faire plaisir !

3. Tenir compte de ce qu’il y a « autour » de votre bonne résolution

Par exemple, si vous voulez arrêter de fumer, vous allez peut-être réaliser que c’est la pause cigarette que vous faites tous les matins avec des collègues que vous aimez bien qui va le plus vous manquer. Dans ce cas, il est indispensable de vous demander comment vous allez faire pour ne pas perdre ce moment de convivialité qui vous fait du bien, si vous ne fumez plus. Une solution existe forcément, c’est à vous de déterminer ce qui vous fait plaisir : essayer le vapotage avec une e-cigarette, voir ces collègues à un autre moment, profiter de leur pause pour prendre un café avec d’autres collègues…

4. Se fixer un objectif…mais pas trop.

Comment saurez-vous que vous aurez tenu votre bonne résolution si, au départ, vous n’avez pas défini en quoi consisterait la réussite ? Sans se mettre la pression avec des objectifs chiffrés (on n’est pas à l’usine !), donnez vous un objectif ambitieux… mais pas trop. Illustration pour quelqu’un qui ne fait pas du tout de sport :
– « cette année je vais aller à la piscine au moins une fois par semaine ». Si vous y allez deux fois, vous aurez l’impression d’avoir pulvérisé votre objectif, serez fier de vous et aurez envie de continuer ! Et même en n’y allant qu’une fois, vous en ressentirez les bienfaits.
– « cette année je vais aller à la piscine un jour sur deux ». A moins de renoncer à beaucoup d’autres choses, il est probable que vous manquerez de temps et raterez une séance, puis une autre, aurez des remords, une mauvaise image de vous, et finirez rapidement par tout laisser tomber.
Et surtout ne pas oublier de se voter une récompense quand on a réussi !

Alors, vous allez faire quoi en 2018 ? Je vous souhaite une pleine réussite dans vos projets !

Le blues du dimanche soir ne passera pas par moi !

blues_dimanche_soir

Voilà c’est dimanche soir, il fait gris-moche dehors, le week-end se termine, et vous commencez à penser à ce qui vous attend demain au bureau, à la fac…ou à la maison si vous vous retrouvez tout(e) seul(e) pendant que vos proches repartent travailler (ce qui n’est pas forcément plus drôle). Mais c’est décidé, le blues du dimanche soir ne passera pas par vous !
– Déjà, remémorez vous les moments sympas du week-end : une balade dehors, un film, un jeu avec les enfants, un bon dîner, une sieste particulièrement agréable…Ca vous a fait plaisir ? Tant mieux, savourez-le!
– Décidez de ne pas faire ce que vous vouliez/deviez faire ce week-end : il est trop tard maintenant, vous n’en avez plus le temps et de toute façon pas envie, alors basta : la réparation de la lampe ou le tri des vêtements trop petits, ce sera pour le week-end prochain. Et pas de culpabilité ! Si c’était vraiment fondamental, vous auriez trouvé le moyen de le faire, non ?
– Maintenant faites quelque chose qui vous fait plaisir, sans remords : si c’est de manger une pizza devant la télé, très bien, c’est facile à mettre en œuvre. Idem si c’est regarder un DVD, prendre un bain, glander dans le canapé en caressant le chat ou téléphoner à un(e) ami(e).

Et pour le prochain week-end… ?
Le vendredi soir, listez les deux ou trois (pas plus !) choses les plus importantes que vous voulez vraiment faire.
– Soyez réaliste. Lessiver puis repeindre intégralement en 2 jours les murs d’une pièce actuellement remplie de bazar que vous ne savez pas où stocker pendant ce temps, ce n’est pas réaliste. Trouver une solution pour vider la pièce, ça l’est déjà plus ;
– Choisissez des choses dont le résultat vous fera plaisir…et imaginez le plaisir que vous ressentirez lorsqu’elles seront faites (quel plaisir d’enfiler ce pantalon neuf dont l’ourlet est enfin fait !)
– Prévoyez des moments pour ne rien faire et de vous reposer : vous aurez la satisfaction de vous dire le dimanche soir que vous avez réussi à décompresser, et ça aussi c’est une chose à faire…

Les 7 méthodes des 4 secrets….pourquoi on aime ça ?

spirale vers succes
Vous avez certainement déjà lu comme moi, en couverture des magazines ou comme titre de livres, des accroches ressemblant à : « Les 7 leçons pour trouver les 4 secrets du bonheur en 6 leçons ». D’accord, j’exagère un peu, mais il n’empêche que je n’invente rien avec les titres suivants :

    • les 10 façons de décrocher vraiment en vacances (« Elle »)
    • les 7 habitudes des gens efficaces (titre d’un livre de Stephen R.Covey)
    • les 5 secrets d’un entretien de recrutement réussi (« L’Etudiant »)
    • …sans parler des 6 secrets d’un bon barbecue ou des 5 trucs pour avoir un ventre plat (promis, je n’invente rien !).

Il semble que le premier à utiliser cette technique de rhétorique fut Moïse avec ses 10 commandement : une sacrée référence… Mais comment se fait-il que nous soyons attirés par ce genre de titres ? Car ce n’est certainement pas un hasard s’ils sont aussi fréquemment utilisés. J’y vois plusieurs raisons :

Déjà, nous aimons les listes et leur caractère « fini » : OK, il y a 6 choses à faire pour décrocher vraiment en vacances :  au moins c’est clair. C’est rassurant de se lancer dans quelque chose de cadré et d’avoir l’impression que c’est atteignable. Que le premier qui n’a pas listé ce qui lui restait à faire avant de partir en vacances me jette le premier bloc de Post-it ! C’est plus facile de réaliser des actions proprement listées (j’instruis le dossier Bidule, je remplis ma note de frais de juin,…) plutôt que d’avoir un objectif vague (je réfléchis à la stratégie que je vais mettre en place à la rentrée, je discute avec Untel du projet sur lequel on va travailler ensemble à la rentrée…).

Ensuite le petit nombre (7 leçons, 5 trucs…) est rassurant et donne une impression de facilité. OK, il y a 5 choses à faire pour réussir un dîner entre amis ? C’est parfait, je devrais pouvoir y arriver ! Cette promesse de rapidité est probablement un trait de notre époque et de sa tendance à l’accélération permanente : 6 choses à faire, cela ne devrait pas prendre trop de temps! C’est sûr qu’un magazine qui promettrait de nous donner les 86 secrets d’une grossesse détendue aurait plutôt tendance à faire soupirer une jeune femme enceinte pleine d’interrogations…

Enfin, il faut le reconnaître, ces titres accrocheurs aiguisent notre curiosité : quels sont donc ces 5 commandements pour réussir sa rentrée en prépa ou en première année de médecine ? Si seulement cela pouvait exister ! Difficile alors de résister à la tentation de feuilleter le magazine ou le livre en question, juste pour se faire une idée…Certains abusent d’ailleurs de cette ficelle pour attirer du monde sur leur blog, ce qui a conduit récemment Facebook à mettre en place des outils pour repérer et rendre moins visibles ces  titres « attrape-clics ».

Au-delà du côté « marketing », il faut pourtant bien voir que ces listes finies sont utiles et constituent une bon outil pour celui ou celle qui se lance dans un projet, quel qu’il soit : le travail sera plus simple si ce qu’il a à faire est noté proprement, point par point, avec des actions clairement décrites. Une bonne liste n’est pas trop longue, elle n’est pas décourageante. C’est pour cela qu’à l’issue d’un travail de coaching, la personne repart avec un plan d’action, qui est justement une liste d’actions. La différence avec une liste trouvée dans un magazine ou un ouvrage de développement personnel (et il y en a de très bons, comme celui de Stephen Covey cité au tout début de cet article), c’est qu’elle personnelle et unique. C’est la personne qui a déterminé elle-même, avec l’aide de son coach, tout ce qu’elle allait faire maintenant pour atteindre son objectif. Une différence qui jouera beaucoup pour la motivation sur la durée…

Et vous, pour quel projet auriez-vous besoin d’une liste ?