Ma fille veut devenir youtubeuse beauté

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Si vous êtes parents d’adolescents, vous avez peut-être chez vous une jeune fille qui ambitionne de devenir « youtubeuse beauté ». Sachez que youtubeur (ou youtubeuse pour les filles) est le métier rêvé de nombreux adolescents aujourd’hui : en fait c’est la version moderne de footballeur ou mannequin, métiers qui faisaient rêver les ados d’une génération précédente. Etre youtubeur/euse consiste à réaliser des vidéos, et à les mettre ensuite en ligne sur Youtube. Dans le cas présent ces vidéos auront pour thème des techniques de maquillage, des astuces pour gommer tel défaut (supposé), des conseils pour mettre en valeur sa silhouette,…Certaines jeunes femmes ont acquis une telle notoriété sur Internet avec leurs vidéos qu’elles arrivent à générer un revenu, que ce soit en décrochant des contrats publicitaires, en écrivant un livre… C’est le cas d’Enjoy Phoenix par exemple, pour n’en citer qu’une.
Comment faire alors lorsqu’une jeune fille a ce projet en tête ? Une réaction commune de parent serait d’essayer de l’en dissuader, en arguant que c’est un métier hautement aléatoire, que la célébrité ne peut pas se décider,…
Une autre solution consiste à utiliser le modèle décrit par Paul et Sarah Edwards dans leur livre « Finding your perfect work », et repris par la psychologue Maud Simon, pour encourager votre ado à envisager ce métier sous 10 autres formes bien définies.

Si l’activité de base qu’aime faire cette jeune fille consiste à se maquiller et prendre soin de son apparence, elle peut bien sûr devenir esthéticienne ou maquilleuse…mais pourquoi pas aussi dermatologue, diététicienne, voire chirurgienne-esthétique ?

Elle peut aussi écrire sur ce qu’elle aime : par exemple en devenant journaliste spécialisée dans le domaine de la cosmétique et des dernières tendances.

Ou bien vendre ce qu’elle aime, en devenant vendeuse en parfumerie, esthéticienne… ou responsable des achats de produits de beauté dans une grande chaîne de magasins, qui négociera les meilleurs prix et les exclusivités avec les marques. Ou avoir son propre institut de beauté,…

Promouvoir ce qu’elle aime, en travaillant dans le marketing des produits de beauté, mais pourquoi pas aussi dans le domaine de la santé et de l’éducation pour expliquer en quoi consiste une bonne hygiène de vie.

Devenir une experte du maquillage, en devenant maquilleuse de cinéma sachant réaliser des maquillages de zombie aussi bien que des maquillages de princesse de la Renaissance (celles qui blanchissaient leur peau avec des fards contenant du plomb).

Créer un produit, en travaillant dans un laboratoire de cosmétologie ou de pharmacologie pour mettre au point une nouvelle crème anti-rides ou un mascara, en tant que chercheuse, technicienne de laboratoire,….

Enseigner l’art du maquillage en devenant professeur dans un lycée professionnel, ou dans une école de théâtre.

Proposer un service à ceux qui vendent du maquillage en devenant attachée de presse, chargée de relations publiques, responsable de développement commercial… On citera ici Daphné Thavaud, la sœur Norman (oui, celui de « Norman fait des vidéos ») qui a créé son entreprise et est désormais agent pour les talents du Web.

Etre youtubeuse beauté consiste à parler de maquillage et de soin. On vient de voir qu’il y a bien d’autres façons d’envisager cette activité, mais youtubeur est aussi un métier! De même que réalisateur, caméraman, scénariste…Et si elle essayait de réaliser sa première vidéo ? Il va lui falloir apprendre à écrire un scénario, prévoir les différents plans, bien cadrer l’image, enregistrer le son, monter le tout,…Un excellent exercice, y compris pour améliorer sa confiance en soi.

Assurer l’entretien ou la réparation de ce qu’on aime … là, j’avoue que je n’ai pas trouvé d’exemple.

Un bon exercice consiste à prendre une autre activité que votre enfant aime, et à chercher les métiers autour des 10 mêmes actions : faire, parler de, vendre, écrire sur, proposer un service à ceux qui font, enseigner, promouvoir, créer, expertiser, entretenir. Un brain-storming qui ouvre plein de portes !

Améliorer un « savoir-être »?

Tout récemment, un article du Monde titrait que « les étudiants sont désormais formés au savoir-être ». On y lisait toute l’importance pour les entreprises de compétences comme la bienveillance, la créativité… et la journaliste pointait toute la difficulté d’apprendre ces compétences. On imagine bien en effet qu’elles ne sont pas de même nature que celles consistant à savoir utiliser un logiciel de dessin, à faire une analyse juridique ou encore à piloter un projet.
Certes ! II faudrait quand même une bonne dose de cynisme pour se targuer d’apprendre à quelqu’un à être sociable (par exemple) dans le but d’être recruté sur cette « compétence ». Mais alors que faire, si ces savoir-être ont tant d’importance ?
Une première chose à savoir est que ces compétences humaines (par opposition à des compétences techniques dont on conçoit bien qu’on les apprend dans une école, en compagnonnage avec un professionnel, dans un manuel….) font partie intégrante de nous-mêmes et que nous les possédons tous, à un degré divers. Pour la bienveillance, par exemple, j’ai du mal à concevoir qu’il existe des gens totalement dépourvus de cette qualité. Idem pour la curiosité intellectuelle, la capacité à travailler en équipe, l’autonomie, la capacité à apprendre quelque chose de nouveau… Si nous possédons tous ces savoir-être, chacun les exprime à sa manière, à des degrés divers, en fonction de l’importance qu’ils revêtent pour lui.
Par exemple, on peut être quelqu’un de sociable, qui va facilement vers les autres et est capable d’avoir des échanges constructifs…mais en même temps avoir tendance à s’agacer lorsque le travail n’est pas exactement fait comme on voudrait qu’il le soit. Et alors ? En quoi est ce un problème et quel est le savoir-être qu’il faudrait développer ? Dans ce cas précis, l’important pour la personne serait de prendre conscience de son attitude et des conséquences qu’elle peut avoir. En clair, il importe de se connaître soi-même, et de chercher ce qui nous pourra aider à nous sentir mieux (et à ne pas nous énerver contre le collègue qui a donné une réponse incomplète à un client, lequel semble pourtant bien le prendre puisqu’il continue à demander des renseignements avec le sourire).
L’article du Monde continue en expliquant comment les écoles forment au savoir-être, et de décrire des séances de méditation en pleine conscience maintenant proposées aux étudiants dans certains cursus.
Au-delà des techniques de méditation, dont l’effet est reconnu sur la gestion du stress, il est intéressant de prendre le temps de la réflexion sur soi en se posant certaines questions : qu’est ce qui est important pour moi ? Dans quelles situations est ce que j’ai tendance à m’énerver ? Et dans quelle situation est ce que je me sens exactement à ma place ? Quand je travaille avec d’autres personnes, à quoi est ce que je fais attention ?
Les réponses ne sont pas toujours faciles à trouver (l’aide d’un coach peut s’avérer utile !), mais elles donnent des pistes pour mieux se connaître, en prenant notamment conscience des valeurs qui guident notre vie. Par exemple, prendre conscience du fait que l’excellence est une valeur fondamentale pour soi permet de réfléchir sur le fait que ce n’est pas nécessairement le cas pour les autres, lesquels peuvent avoir d’autres valeurs, comme l’écoute (très utile quand on fait face à des clients), et que c’est justement cette diversité qui permet de faire un bon travail d’équipe !
Finalement, il ne s’agit ici pas tant de se former au savoir-être que de prendre conscience de toutes les qualités qu’on possède déjà…

Les 7 méthodes des 4 secrets….pourquoi on aime ça ?

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Vous avez certainement déjà lu comme moi, en couverture des magazines ou comme titre de livres, des accroches ressemblant à : « Les 7 leçons pour trouver les 4 secrets du bonheur en 6 leçons ». D’accord, j’exagère un peu, mais il n’empêche que je n’invente rien avec les titres suivants :

    • les 10 façons de décrocher vraiment en vacances (« Elle »)
    • les 7 habitudes des gens efficaces (titre d’un livre de Stephen R.Covey)
    • les 5 secrets d’un entretien de recrutement réussi (« L’Etudiant »)
    • …sans parler des 6 secrets d’un bon barbecue ou des 5 trucs pour avoir un ventre plat (promis, je n’invente rien !).

Il semble que le premier à utiliser cette technique de rhétorique fut Moïse avec ses 10 commandement : une sacrée référence… Mais comment se fait-il que nous soyons attirés par ce genre de titres ? Car ce n’est certainement pas un hasard s’ils sont aussi fréquemment utilisés. J’y vois plusieurs raisons :

Déjà, nous aimons les listes et leur caractère « fini » : OK, il y a 6 choses à faire pour décrocher vraiment en vacances :  au moins c’est clair. C’est rassurant de se lancer dans quelque chose de cadré et d’avoir l’impression que c’est atteignable. Que le premier qui n’a pas listé ce qui lui restait à faire avant de partir en vacances me jette le premier bloc de Post-it ! C’est plus facile de réaliser des actions proprement listées (j’instruis le dossier Bidule, je remplis ma note de frais de juin,…) plutôt que d’avoir un objectif vague (je réfléchis à la stratégie que je vais mettre en place à la rentrée, je discute avec Untel du projet sur lequel on va travailler ensemble à la rentrée…).

Ensuite le petit nombre (7 leçons, 5 trucs…) est rassurant et donne une impression de facilité. OK, il y a 5 choses à faire pour réussir un dîner entre amis ? C’est parfait, je devrais pouvoir y arriver ! Cette promesse de rapidité est probablement un trait de notre époque et de sa tendance à l’accélération permanente : 6 choses à faire, cela ne devrait pas prendre trop de temps! C’est sûr qu’un magazine qui promettrait de nous donner les 86 secrets d’une grossesse détendue aurait plutôt tendance à faire soupirer une jeune femme enceinte pleine d’interrogations…

Enfin, il faut le reconnaître, ces titres accrocheurs aiguisent notre curiosité : quels sont donc ces 5 commandements pour réussir sa rentrée en prépa ou en première année de médecine ? Si seulement cela pouvait exister ! Difficile alors de résister à la tentation de feuilleter le magazine ou le livre en question, juste pour se faire une idée…Certains abusent d’ailleurs de cette ficelle pour attirer du monde sur leur blog, ce qui a conduit récemment Facebook à mettre en place des outils pour repérer et rendre moins visibles ces  titres « attrape-clics ».

Au-delà du côté « marketing », il faut pourtant bien voir que ces listes finies sont utiles et constituent une bon outil pour celui ou celle qui se lance dans un projet, quel qu’il soit : le travail sera plus simple si ce qu’il a à faire est noté proprement, point par point, avec des actions clairement décrites. Une bonne liste n’est pas trop longue, elle n’est pas décourageante. C’est pour cela qu’à l’issue d’un travail de coaching, la personne repart avec un plan d’action, qui est justement une liste d’actions. La différence avec une liste trouvée dans un magazine ou un ouvrage de développement personnel (et il y en a de très bons, comme celui de Stephen Covey cité au tout début de cet article), c’est qu’elle personnelle et unique. C’est la personne qui a déterminé elle-même, avec l’aide de son coach, tout ce qu’elle allait faire maintenant pour atteindre son objectif. Une différence qui jouera beaucoup pour la motivation sur la durée…

Et vous, pour quel projet auriez-vous besoin d’une liste ?