burn bore brown out

Si le burn-out est aujourd’hui assez médiatisé (bien qu’il ne soit toujours pas reconnu comme une maladie professionnelle), il n’en est pas de même pour d’autres formes de souffrance au travail. Petite revue de détail.

Le burn-out est traduit en français par l’expression « syndrome d’épuisement professionnel ». Il concerne des travailleurs qui se sont investis corps et âme dans leur métier, jusqu’à rentrer dans un cercle infernal : ils sont fatigués, donc se sentent (à tort ou à raison) moins performants, donc travaillent encore plus, donc sont encore plus fatigués… L’anglicisme burn-out, qui renvoie à une notion de brûlure, de combustion, décrit bien l’état intérieur des victimes : elles se sentent totalement vidées, n’ont plus aucun goût pour un métier dans lequel elles s’étaient (bien trop) investies, n’arrivent plus à se reposer lors de leur temps libre, et finissent par craquer.
Un test a été mis au point par Maslach, qui permet de faire son auto-diagnostic. Je vous en ai mis une version en ligne gratuite et anonyme ici.

Le bore-out est moins connu, mais tout au aussi ravageur. Il désigne des travailleurs qui s’ennuient (« to bore », en anglais) car ils n’ont (presque) rien à faire. Etonnant, alors que chaque jour les médias nous citent des entreprises qui licencient pour augmenter leur rentabilité, ou des salariés qui se plaignent d’être soumis à des cadences de plus en plus élevées ? Pas tant que ça. N’avez-vous pas dans votre entourage des proches qui se plaignent d’avoir été placardisés ? Pour diverses raisons (statuts de l’entreprise, indemnités de licenciement élevées…) ces salariés restent en poste, mais avec des missions largement en dessous de leurs capacités. Ils expédient leur travail de la semaine en quelques heures…et se retrouvent face à un vide qui engendre une souffrance et peut conduire à une perte d’estime de soi, à la dépression…. S’y ajoute la culpabilité lorsqu’ils ont des collègues qui, eux, peinent à boucler leur programme de la journée !

Petit dernier de la liste, le brown-out désigne une souffrance liée à une sensation d’inutilité et d’absence de sens du travail fait. Cela peut être par exemple la sensation ressentie par quelqu’un qui passe ses journées devant un ordinateur à remplir des tableaux de chiffres dont il ne voit pas l’intérêt. Le sentiment d’inutilité rejoint ce que ressent la personne en bore-out, à ceci près qu’ici la personne peut s’ennuyer…tout en travaillant beaucoup ! Cette quête de sens peut concerner aussi la finalité même de l’entreprise dans laquelle la personne travaille, qui peut être ressentie comme très abstraite (finance, contrôle de gestion…). C’est ainsi que l’on voit aujourd’hui des jeunes professionnels surdiplômés quitter un emploi rémunérateur pour se former à la cuisine, à l’ébénisterie…métiers où ils pourront associer leur formation intellectuelle de haut niveau à un savoir-faire technique pour gagner leur vie en s’épanouissant dans une activité qui a du sens pour eux (gérer son restaurant, fabriquer des meubles…).
Le brown-out est un peu différent du conflit de valeurs, que pourrait ressentir par exemple un partisan de la décroissance dans une entreprise spécialisée dans le marketing et la publicité.

Ces formes de souffrance au travail doivent être prises très au sérieux. Fort heureusement, il n’y a pas d’âge pour se remettre en question !

Si vous vous sentez concerné et avez envie de vous poser pour y réfléchir, contactez-moi.

2 thoughts on “Burn-out, bore-out, brown-out…de quoi parle-t-on ?

  1. Bonjour Anne-Paule,
    Merci pour cette salutaire mise au point. Si les deux premiers concepts ne m’étaient pas inconnus, il n’en est pas de même du dernier, le brown-out, que je ne connaissais pas du tout.
    Je ne me sens pas (encore ?) concerné par ces maladies mais il me paraît important d’en parler afin d’être capable d’en repérer rapidement les premiers symptômes.
    Bien amicalement.

    • Merci Dominique,
      Le fait d’être informé permet aussi de repérer des « indices » chez un proche, par exemple s’il ne sait plus parler d’autre chose que de son travail, ou bien si au contraire il n’a jamais rien à en dire tellement il s’y morfond…
      Amicalement,
      Anne-paule

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *