Tout récemment, un article du Monde titrait que « les étudiants sont désormais formés au savoir-être ». On y lisait toute l’importance pour les entreprises de compétences comme la bienveillance, la créativité… et la journaliste pointait toute la difficulté d’apprendre ces compétences. On imagine bien en effet qu’elles ne sont pas de même nature que celles consistant à savoir utiliser un logiciel de dessin, à faire une analyse juridique ou encore à piloter un projet.
Certes ! II faudrait quand même une bonne dose de cynisme pour se targuer d’apprendre à quelqu’un à être sociable (par exemple) dans le but d’être recruté sur cette « compétence ». Mais alors que faire, si ces savoir-être ont tant d’importance ?
Une première chose à savoir est que ces compétences humaines (par opposition à des compétences techniques dont on conçoit bien qu’on les apprend dans une école, en compagnonnage avec un professionnel, dans un manuel….) font partie intégrante de nous-mêmes et que nous les possédons tous, à un degré divers. Pour la bienveillance, par exemple, j’ai du mal à concevoir qu’il existe des gens totalement dépourvus de cette qualité. Idem pour la curiosité intellectuelle, la capacité à travailler en équipe, l’autonomie, la capacité à apprendre quelque chose de nouveau… Si nous possédons tous ces savoir-être, chacun les exprime à sa manière, à des degrés divers, en fonction de l’importance qu’ils revêtent pour lui.
Par exemple, on peut être quelqu’un de sociable, qui va facilement vers les autres et est capable d’avoir des échanges constructifs…mais en même temps avoir tendance à s’agacer lorsque le travail n’est pas exactement fait comme on voudrait qu’il le soit. Et alors ? En quoi est ce un problème et quel est le savoir-être qu’il faudrait développer ? Dans ce cas précis, l’important pour la personne serait de prendre conscience de son attitude et des conséquences qu’elle peut avoir. En clair, il importe de se connaître soi-même, et de chercher ce qui nous pourra aider à nous sentir mieux (et à ne pas nous énerver contre le collègue qui a donné une réponse incomplète à un client, lequel semble pourtant bien le prendre puisqu’il continue à demander des renseignements avec le sourire).
L’article du Monde continue en expliquant comment les écoles forment au savoir-être, et de décrire des séances de méditation en pleine conscience maintenant proposées aux étudiants dans certains cursus.
Au-delà des techniques de méditation, dont l’effet est reconnu sur la gestion du stress, il est intéressant de prendre le temps de la réflexion sur soi en se posant certaines questions : qu’est ce qui est important pour moi ? Dans quelles situations est ce que j’ai tendance à m’énerver ? Et dans quelle situation est ce que je me sens exactement à ma place ? Quand je travaille avec d’autres personnes, à quoi est ce que je fais attention ?
Les réponses ne sont pas toujours faciles à trouver (l’aide d’un coach peut s’avérer utile !), mais elles donnent des pistes pour mieux se connaître, en prenant notamment conscience des valeurs qui guident notre vie. Par exemple, prendre conscience du fait que l’excellence est une valeur fondamentale pour soi permet de réfléchir sur le fait que ce n’est pas nécessairement le cas pour les autres, lesquels peuvent avoir d’autres valeurs, comme l’écoute (très utile quand on fait face à des clients), et que c’est justement cette diversité qui permet de faire un bon travail d’équipe !
Finalement, il ne s’agit ici pas tant de se former au savoir-être que de prendre conscience de toutes les qualités qu’on possède déjà…

One thought on “Améliorer un « savoir-être »?

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